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Cybersécurité Publié le 27 avril 2026 · Mis à jour le 9 octobre 2026 · 9 min de lecture

NIS2 à La Réunion : qui est concerné en 2026 ?

La réponse courte : vous êtes concerné par NIS2 si votre activité relève d'un des 18 secteurs de la directive et si vous comptez au moins 50 salariés ou plus de 10 M€ de chiffre d'affaires et de bilan. Au 9 octobre 2026, la loi française n'est pas encore votée : les obligations ne s'appliquent pas, mais le périmètre est connu et vos clients commencent déjà à vous poser des questions.

Article revu le 9 octobre 2026 : la version d'avril annonçait à tort une loi déjà promulguée.

Où en est la loi française ?

La directive (UE) 2022/2555, dite NIS2, a été adoptée le 14 décembre 2022. Les États membres devaient la transposer avant le 17 octobre 2024. La France a manqué cette échéance. Le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité a été déposé au Sénat le 15 octobre 2024, adopté par le Sénat le 12 mars 2025, puis adopté par la commission spéciale de l'Assemblée nationale le 10 septembre 2025.

Depuis, le texte attend son vote en séance publique. Son examen, programmé les 7 et 9 octobre 2026, a été retiré de l'ordre du jour le 6 octobre 2026, sans nouvelle date. Une fois la loi votée et promulguée, des décrets fixeront les mesures précises et le calendrier de mise en conformité. L'ANSSI le résume sur son espace NIS2 : « La transposition de la directive NIS 2 en France est en cours. »

Deux catégories d'entités, deux niveaux d'exigence

La directive distingue les entités essentielles et les entités importantes. Les seuils ci-dessous sont ceux publiés par l'ANSSI ; les plafonds d'amende sont ceux de l'article 34 de la directive.

Critère Entité essentielle Entité importante
Taille 250 salariés ou plus, ou chiffre d'affaires annuel supérieur à 50 M€ et bilan supérieur à 43 M€ 50 salariés ou plus, ou chiffre d'affaires et bilan supérieurs à 10 M€
Secteurs Les 11 secteurs hautement critiques (annexe I de la directive) Les 18 secteurs (annexes I et II), dont les 7 autres secteurs critiques
Contrôles Possibles à tout moment, sans incident préalable En cas d'indice de manquement ou après un incident
Amende maximale 10 M€ ou 2 % du chiffre d'affaires mondial 7 M€ ou 1,4 % du chiffre d'affaires mondial

Sources : ANSSI, MesServicesCyber, « NIS 2 » · directive (UE) 2022/2555, articles 3, 23 et 34. Quelques acteurs du numérique (registres de noms de domaine, fournisseurs DNS, prestataires de services de confiance qualifiés) sont concernés quelle que soit leur taille.

Les 18 secteurs, et ceux qui pèsent à La Réunion

L'annexe I de la directive liste onze secteurs hautement critiques : énergie, transports, banque, infrastructures des marchés financiers, santé, eau potable, eaux usées, infrastructure numérique, gestion des services informatiques interentreprises, administration publique et espace. L'annexe II ajoute sept autres secteurs critiques : services postaux et d'expédition, gestion des déchets, produits chimiques, production et distribution de denrées alimentaires, fabrication (dispositifs médicaux, électronique, machines, véhicules), fournisseurs numériques (places de marché, moteurs de recherche, réseaux sociaux) et recherche.

Sur une île, plusieurs de ces secteurs sont structurants et dépendent de quelques acteurs : la production et la distribution d'eau et d'électricité, le port et l'aéroport, les établissements de santé, les banques, les industries agroalimentaires de la canne, du lait et des boissons, les opérateurs télécoms et hébergeurs, les collectivités et les établissements publics. Les prestataires informatiques qui gèrent les systèmes de ces entités, dont Écureuil Digital, relèvent du secteur « gestion des services informatiques interentreprises ».

Et les petites entreprises réunionnaises ?

La plupart ne sont pas concernées directement. Selon l'INSEE, La Réunion comptait 56 290 unités légales marchandes en 2022 et sept sur dix n'emploient aucun salarié ; les entreprises de 10 à 249 salariés regroupent 56 % des salariés. Le seuil de 50 salariés laisse donc l'immense majorité du tissu économique hors du périmètre direct.

Elles sont en revanche concernées indirectement, de deux façons. D'abord comme fournisseurs : la directive oblige les entités concernées à sécuriser leur chaîne d'approvisionnement, donc à exiger des garanties de leurs sous-traitants, du cabinet comptable au transporteur. Ensuite comme cibles : dans son Panorama de la cybermenace 2025, l'ANSSI note que les PME, TPE et ETI restent la catégorie d'entités la plus touchée par les rançongiciels, devant les collectivités (11 % des victimes) et les établissements de santé (8 %). La réglementation suit la menace, pas l'inverse.

Les obligations principales

Si vous êtes concerné, la directive (articles 20 à 23) impose un socle de mesures techniques et organisationnelles :

  1. Enregistrement auprès de l'ANSSI, qui ouvrira une déclaration en ligne une fois la loi votée.
  2. Analyse de risques documentée et politique de sécurité approuvée par la direction, qui en porte la responsabilité.
  3. Mesures techniques : gestion des accès et double authentification, chiffrement, sauvegardes, maintien à jour des systèmes, segmentation, détection des incidents.
  4. Continuité d'activité : sauvegardes testées, plan de reprise, gestion de crise.
  5. Sécurité de la chaîne d'approvisionnement : évaluation des fournisseurs, dont le prestataire informatique.
  6. Formation des dirigeants et des salariés, avec traces.
  7. Notification des incidents importants : alerte précoce sous 24 heures, notification sous 72 heures, rapport final sous un mois.

Ces délais s'ajoutent à ceux du RGPD : une violation de données personnelles se notifie à la CNIL dans les 72 heures. En 2025, la CNIL a reçu 6 167 notifications de violations, un record, en hausse de 9,5 % sur un an.

Que faire maintenant, sans attendre les décrets

Les mesures demandées par NIS2 sont celles que toute entreprise devrait déjà avoir : notre checklist cybersécurité en 12 mesures en couvre l'essentiel. Trois étapes suffisent pour prendre de l'avance :

  1. Qualifier votre situation : secteur, effectif, chiffre d'affaires, et liste de vos clients qui seront eux-mêmes concernés. C'est l'objet de notre accompagnement NIS2.
  2. Mesurer l'écart avec un audit informatique : sauvegardes réellement restaurables, accès, mises à jour, journalisation.
  3. Combler le socle : sauvegarde externalisée et PRA, protection des postes et supervision, compris dans le forfait infogérance pour les PME. Le détail des protections est sur la page cybersécurité.

Le coût dépend du point de départ ; dans tous les cas, l'effort réduit un risque qui existe avec ou sans loi.

À retenir

  • Au 9 octobre 2026, la loi française de transposition n'est pas votée ; les obligations ne s'appliquent pas encore.
  • 18 secteurs : 11 hautement critiques (énergie, santé, eau, transports, banque, numérique, administration…) et 7 autres (agroalimentaire, déchets, fabrication, postal…).
  • Seuils : 50 salariés ou 10 M€ pour les entités importantes, 250 salariés ou 50 M€ pour les essentielles.
  • Amendes plafonnées à 10 M€ ou 2 % du chiffre d'affaires mondial (essentielles), 7 M€ ou 1,4 % (importantes).
  • Incidents importants à notifier : alerte sous 24 h, notification sous 72 h, rapport sous un mois.
  • Les petites entreprises sont concernées comme fournisseurs : les exigences arrivent par les appels d'offres.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la directive NIS2 ?
NIS2 (Network and Information Security 2) est la directive européenne 2022/2555 du 14 décembre 2022. Elle remplace NIS1 et impose des mesures de cybersécurité, une déclaration auprès de l'autorité nationale (l'ANSSI en France) et la notification des incidents à plusieurs milliers d'entités réparties dans 18 secteurs d'activité, classées en entités essentielles et entités importantes. Les États membres devaient la transposer avant le 17 octobre 2024.
La loi NIS2 est-elle en vigueur en France ?
Non, pas au 9 octobre 2026. Le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité a été adopté par le Sénat le 12 mars 2025 et par la commission spéciale de l'Assemblée nationale le 10 septembre 2025, mais il n'a pas encore été voté en séance publique : son examen, prévu les 7 et 9 octobre 2026, a été retiré de l'ordre du jour sans nouvelle date. Après le vote, des décrets d'application fixeront le détail des mesures et le calendrier. Le périmètre, lui, est connu depuis la directive.
Combien d'entreprises sont concernées par NIS2 à La Réunion ?
Aucun chiffre officiel n'existe pour La Réunion. L'ANSSI parle, pour la France, de plusieurs milliers d'entités dans 18 secteurs. Sur l'île, le seuil de 50 salariés écarte la grande majorité des entreprises : selon l'INSEE, sept unités légales réunionnaises sur dix n'emploient aucun salarié. Les structures directement concernées sont surtout les établissements de santé, les acteurs de l'eau, de l'énergie, des transports, de la banque, de l'agroalimentaire, du numérique et les collectivités. Les petites entreprises le sont indirectement, comme fournisseurs de ces entités.
Quelles sont les sanctions prévues par NIS2 ?
La directive fixe des plafonds : pour les entités essentielles, jusqu'à 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu ; pour les entités importantes, jusqu'à 7 millions d'euros ou 1,4 %. La loi française fixera les montants dans ces limites ; l'ANSSI précise que les sanctions devront être proportionnées au manquement. La directive prévoit aussi une responsabilité des organes de direction.
Je suis fournisseur d'une entité concernée : que va-t-on me demander ?
La directive impose aux entités concernées de sécuriser leur chaîne d'approvisionnement. Concrètement, un hôpital, une collectivité ou un industriel vous demandera des preuves : double authentification sur vos accès, sauvegardes testées, mises à jour appliquées, procédure de réponse à incident, parfois un audit. Le rapport Verizon 2025 relève que des tiers sont impliqués dans 30 % des violations de données, deux fois plus qu'un an plus tôt : ces exigences vont se généraliser dans les appels d'offres, loi votée ou non.

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